Ce mar
chand de chaussures n 'est pas sûr,
je t 'assure,
avec sa jambe de verre, son œil de bois.
Il n 'a pas le teint du Rhône,
il a même le teint jaune,
cet homme -là, méfie -toi, c un Chinois.
Tu sais bien ce qu 'on
raconte à coup sûr
Sur son compte des histoires
de voleurs de hors -la -loi
Parait c 'est une fine lame
qui l 'aurait tué sa femme
Elle disait en mourant c 'est le chinois
S 'il se donne l 'air paterne
c 'est qu 'il met en lanterne
Tout son être et jusqu 'au son de sa voix
Il fait bon qu 'on le déteste,
qu 'on le fuit
Comme la peste qu 'on doit fuir,
je crois, certains Chinois
Que fume -t -il dans sa pipe
de l 'opium ?
En principe, dont il fait le trafic,
ça va de soi
Quand il dit sa prière,
assis sur son derrière
Il prie qui ? Le Bouddha,
un dieu chinois
Regardez, ce n 'est chope,
quel milieu
Interlope des gitans,
des indiens de je ne sais quoi
Rester seul, il s 'empresse de
ne lire qu 'une presse,
qu 'un journal, le canard en chinois.
Il fait leur semlage en papier
d 'emballage,
il se nourrit de riz frit au petit pois.
Il raconte même,
il ose dire qu 'il vient de Formose
pour qu croie qu 'il n
'est pas un vrai chinois.
Quand il met une assiette
tout en haut d 'une baguette,
Une assiette ou bien un
dessous de plat.
Elle tourne en roue libre,
maintenue en équilibre,
Il suffit qu 'il agite
un peu les doigts.
Parfois il court la lande,
disposant des guirlandes
Qu 'il étale jusqu 'au fond du petit bois.
Et près du précipice tire un feu d 'artifice
En criant « La poudre !
Invention chinoise ! »
Faisons vite en cachette
Une collecte qu 'on lui achète
Un billet des migrants, il y a droit
Offrons -lui un passage pour Pékin
Ou plus sage pour Pantin
Au fond du quartier chinois
Qu 'ils s 'en aillent, ramousse, partent,
l 'important c 'est qu 'ils partent
car s 'ils restent dans dix ans,
oui ma foi, il est ca pable
d 'atteindre son but
qui est de d 'éteindre sur nous
et on sera quoi,
tous des chinois.